60 ESSAI HISTORIQUE
on ne connaissait pas l’art de s’éclairer ét de tenirdes avant-postes. On en avait si peu l’idée , que leprince Eugène forma le projet de surprendre l’arméedu duc de Vendôme, dans la campagne de Luzara,en Italie , pendant quelle serait occupée à dresserses tentes, et que le soldat serait dispersé pour allerà la paille, en cachant la sienne derrière la diguedu Zéro , parallèle à l’emplacement du camp queles Français devaient venir prendre. En effet, l’ar-mée française, en venant s’établir dans son camp,fut si mal éclairée sur son front même , que , sansla curiosité d’un aide-major de régiment, qui, enallant placer sa grand’garde, s’avisa de monter surla digue, derrière laquelle il trouva toute l’infan-terie autrichienne ventre à terre , M. de Vendôme n’aurait pas eu le temps de faire prendre lesarmes (i).
Les malheurs de Louis XTV eurent cependantun terme. Villars. ce parfait modèle du caractèrefrançais , célèbre déjà par les victoires de Fridlingen,
(i) M. de Vendôme , obligé de rangée ses troupes en bataillesur le' front de bandicre , séparé de sa seconde ligne par leslentes de la première, ne repoussa le prince Eugène qu’avecbeaucoup de peine, et après un combat très sanglant. Cettejournée fut appelée la bataille de Luzara, du nom d’une petiteville voisine que M. de Vendôme voulait occuper, et qu’iloccupa effectivement après l’affaire. Le Te Deum fut cbantéïiéanihoins des deux côtés.