SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. 69
nit leur front et permit aux grenadiers d’entrer dansles retranchements par les embrasures. Cette cam-pagne, malgré les brillantes affaires qui ouvrirentles Alpes , malgré la victoire de Coni , ne fut nulle-ment avantageuse à cette armée, puisqu’elle fut for-cée dé lever le siège de Coni et de faire retraite enFrance .
Le roi de Sardaigne dut cette délivrance à sesbarbets ; et ce qui est assez singulier, c’est que Vic-tor-Amédée relira d’une bataille perdue tous lesfruits d’une victoire; car, tandis que les Français étaient occupés à combattre l’armée piémontaise,les barbets , sous la conduite d’officiers intelligentsqu’on leur envoyait dans ces sortes d’occasions, serépandirent sur leurs derrières , attaquèrent leursconvois, forcèrent une petite ville où était le dépôt deleurs munitions , détruisirent une partie de leurs ou-vrages, communiquèrent avec la place, et mirentainsi l’armée combinée hors d’état d'achever ce siègeavant l'hiver, pendant lequel, faute d’établissementset de place d’armes , on ne pouvait prendre desquartiers dans le Piémont. Ces barbets sont des pay-sans des vallées de la chaîne des Alpes , depuis Pi-gnerol jusqu’à Nice , que le roi de Sardaigne orga-nisait en compagnies franches , pour lui servir detroupes légères lorsqu’il avait la guerre. Toujours surles derrières et les flancs d’une armée qui s’avançaitdans leurs pays, ils la désolaient en attaquant sesgrand’gardes, tendantdesémbûches aux découvertes,pillant les convois, égorgeant lès traîneurs èt toutes