7 4 ESSAI HISTORIQUE
avant-gardes, composées de grenadiers, de hus-sards et de dragons , précédaient d’ordinaire lescolonnes de l'armée dans les marches de front, oumasquaient celles de flanc , en garnissant les hau-teurs intermédiaires. C’est de ces avant-gardes quele roi observait les mouvements de l’ennemi , etdéterminait en conséquence ses ordres de bataille,La force considérable des armées avait obligedepuis long-temps les généraux de les porter surle champ de bataille en plusieurs colonnes. Unearmée de 60,000 hommes en formait huit, dix,douze , suivant les circonstances : on marchait surun ordre de bataille désigné d’avance, sur un ter-rain déjà reconnu , et où l’on avait même souventouvert les chemins nécessaires aux colonnes. L’ar-mée , ainsi formée, arrivait sur le champ de ba-taille , et chaque colonne se mettait en ligne, endéfilant sur sa droite, ou en se formant sur la gaucheen bataille. Cette opération prenait beaucoup detemps ; et changer l’ordre de bataille , dès qu’unefois on s’était mis en mouvement, y eût apportéune confusion inévitable ; on avait même pour prin-cipe de ne jamais manoeuvrer devant l’ennemi.Marlborough osa, à la vérité , changer son ordre debataille à celle de Piamillies ; il y mit cinq heures :lieureusement pour son armée, il avait affaire à unVilleroi, qui, bien loin d'entreprendre sur lui, nevoulut pas même corriger les défectuosités de sonordre. Le roi de Prusse sentit que s’il pouvait avoirl'avantage de la rapidité et de l’ordre dans ses mou-ç