SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. 7 3
elle gagna du terrain sur elle, et détermina le ma-réchal Schwerin , qui, avec son aile gauche, avaitbaltu la cavalerie opposée, à se porter sur le flancdes Autrichiens : ce mouvement décida leur dé-route.
Frédéric ne borna pas à des conquêtes le fruit deses premières campagnes ; son vaste génie, combi-nant les leçons de l’expérience avec celles de lathéorie, en forma un système de guerre, dont denouvelles victoires et les succès constants de sesarmées lui démontrèrent l’excellence. Il s’appliquaà donner de la légèreté et de la vitesse à sa cava-lerie. Du reste . il eut peu à changer à la consti-tution de ses troupes. Son infanterie ne laissait rienà désirer; son feu était si nourri et si violent, quedeux régiments autrichiens qui voulurent aborderune partie de la ligne à la bataille de Chotuzilsfurent couchés par terre sur le front de handière,comme par un temps d’exercice.
Frédéric leva des bataillons francs de chasseursà pied, pour les opposer à ces nuées de troupesirrégulières que la reine de Hongrie avait misessur pied. Ces bataillons, instruits et disciplinés,étaient particulièrement chargés de l’escorte desconvois. Ils opposaient l’ordre et le courage à lamultitude et aux entreprises des pandours, descroates, et leur faisaient tête dans les bois ou au-tres endroits couverts, dont il importait à l’armée des’assurer. Le commandement de ces bataillons étaitl’école des officiers que Frédéric voulait avancer. Ses