76 ESSAI HISTORIQUE
la bataille contre telle aile faible ou mal postée. Enconséquence , ils renforçaient celle avec laquelle ilsvoulaicntattaquér, cttcnaient, l’autre sur la défensiveen la mettant sorts la protection d’un terrain favo-rable. 11 était d’ailleurs de principe de chercher à ap-puyer ses ailes , ou au moins une ; celle-ci, alors ap-puyée par un rideau , un ruisseau , un bois ou un vil-lage retranché , servait de pivot à l’aulre qui devaitmarcher en avant. Les généraux qui sentaient l'ut ilitéd’un tel ordre, n’auraient peut-être pu en déduireles raisons : souvent on conçoit des choses que l’onne saurait expliquer.
Le roi de Prusse, qui était particulièrement douéd’un esprit d'analyse et de réflexion; qui, après legain d’une bataille, en recherchait les causes et leseffets, pour en tirer parti dans les premières circons-tances , déduisit tous les avantages d’un ordre qui,n’engageant pas toutes les troupes, laissait des res-sources pour rétablir l’affaire ou pour couvrir la re-traite ; qui, faisant déborder l’aile attaquée , pouvaitla détruire avant que le reste de l’armée pût accourirà son secours ; qui enfui, portant une armée sur leflanc de l'autre, la forçait de changer dé front sous lefeu et les charges d’une ligne en bon ordre, et cau-sait ainsi sa déroute et sa confusion. Cet ordre conve-nait particulièrement à une année manoeuvrière ,contre une armée plus forte, en ce qu’il donnait lesmoyens de rendre, dans un jour d’action, une partiedé ses forces inutile. Il convenait donc au roi déPrusse , qui fondait plus sa puissance sur le courage.