SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. 77
l'ordre et la discipline de ses troupes, que sur leurnombre; aussi l’adopta-t-il comme une base de sesopérations. Il employa la paix qui suivit la guerre de1740 à perfectionner ses troupes dans ces déploie-ments rapides qui firent l’admiration de l’Europe ,et lui donnèrent si souvent l’avantage des bataillesrangées ; dans la pratique de ces marches-manœuvres,où les colonnes d’une armée, couvertes par uneavant-garde, prenaient en un clin-d’œil les formeset les ordres de bataille que les circonstances com-mandaient; enfin , dans l’exercice de ces lignes d’é-chelons, si propices à faile que l’on veut refuser et àl’ordre de bataille oblique.
Jusqu’alors l’artillerie, lourde et embarrassante,placée d’abord dans la première position d’attaque ,se bornait à engager faction , çt ne changeait pres-que plus de poste ; il rendit la sienne légère et ma-nœuvrière, au point qu’elle put suivre les mouve-ments de ses troupes, se déployer avec elles, et seporter à la hâte sur les hauteurs dont elles venaientde s’emparer. C’est ainsi qu’il préparait les arméesde Prusse à jouer u.n rôle si brillant dans la guerrede sept ans, où ce monarque, avec infinimentmoins de forces que Louis XIV , résista à une ligueplus puissante, et fit la paix avec plus davantage etde gloire.
Les troupes légères, qui, d’après les préjugés re-çus dans les autres armées, ne servaient qu’aux es-carmouches, aux découvertes et aux opérations de lapetite guerre, d’abord formées à toutes les opéra-