88
essai historique
d’abandonner leurs pièces. Ce nouveau genre decombat contribua au succès de cette brillante jour-née. Pendant cet hiver, les légions et les autres corpsfrancs, qu’on levait de toutes parts, achevèrent leurformation et entrèrent en campagne. Les bataillonsfrancs de l’armée du Nord furent excellents, en céqu’ils reçurent beaucoup d’officiers et de soldats descorps suisses , qui furent supprimés après le io août.Tous les nouveaux corps cherchèrent à rivaliser lesanciennes troupes, et à se distinguer particulière-ment dans le service des avant-postes ; ils luttèrentbientôt avec les corps francs autrichiens , rendirentde grands services dans la retraite de Dumouricz , eteurent, sur toute la ligne du Rhin à l’Océan , pendantla malheureuse campagne de y3, un vaste champd’expérience. Les bords du Rhin , les revers des Vos ges , la foret de Mormalle , les dunes de Dunkerque ,furent, dès le printemps , le théâtre où les troupeslégères des armées belligérantes eurent à exercer àl'envi leur sagacité , leur vigilance, leur patience etleur courage. La ligne de feu, qui avait d’abordembrasé ces frontières, s’étendit alors sur toute lacirconférence de l’empire français . Toutes les nationsse levèrent ensemble pour pénétrer en France detous côtés : de tous côtés, on leur opposa des ar-mées; elles furent plutôt créées que rassemblées;et les avant-postes furent gardés par des légions quis’organisaient en combattant.