SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. gt
laire, n’avaient ni le temps ni les moyens de les exer-cer. Battus continuellement en plaine, et ne pouvantespérer d’y résister à la meilleure cavalerie de l’Eu rope et aux vieux régiments d’infanterie que les Au-trichiens déployaient devant nous, nous cherchâmesdes théâtres où nous pussions livrer nos troupes àleur impétuosité naturelle, et nous trouvâmes nospremiers succès dans les lieux où, le terrain rendantles manœuvres impossibles, la valeur et l’habiletéindividuelle faisaient pencher la balance en notrefaveur. Ainsi nous réparâmes à Honscotte les échecsreçus à Famars et dans les plaines de la Flandre ;ainsi le déblocus de Maubeuge dépendit des hauteurset des forêts de Watigny, où le général Jourdan,lançant à plusieurs reprises des bataillons entiers detirailleurs, parvint à couper la ligne de l’armée au-trichienne autour de celte place ; ainsi Hoche fondale salut de l’Alsace par la guerre de postes qu’il éta-blit dans les revers des Vosges , et parvint, par lescombats multipliés qu’il livra dans ces lieux hachés ,à tourner les lignes de Weissembourg et à débloquerLandau.
On peut dire avec vérité que , sur la fin de 1793les armées françaises n’avaient que de l’infanterielégère. On ne manœuvrait nullement en ligne ; il n’yavait alors point ou peu de bataillons embrigadés ;même ceux des anciens régiments savaient à peinel’école de bataillon , et il aurait été difficile de fairemanœuvrer au même commandement quatre batail-lons réunis. Les armées étaient réparties en divisions