9<j ESSAI HISTORIQUE
posté sur des hauteurs presque inaccessibles. C’estdans ce genre de combats , où le génie françaisbrille avec le plus d’éclat, que se forma une partiede ces bataillons avec lesquels Bonaparte obtint sespremiers succès en Italie . La cavalerie espagnole ,très supérieure en nombre à celle que nous avionssur cette frontière , osa d’abord charger, dans cepays peu propre à cette arme, nos bataillons denouvelle levée ; mais ils s’aguerrirent ; les légionsleur donnèrent l’exemple de les braver, et tandisqu’une partie amortissait l’impétuosité des chevauxandalous par un feu bien nourri , les autres, légerscomme des faucons, couronnaient les hauteurs ,coupaient leur retraite et les forçaient à poser lesarmes. Ainsi on fit souvent prisonniers des régi-ments entiers de troupes à cheval; et cette cava-lerie , qui, dans les premiers temps, ramenait quel-quefois des masses de prisonniers français , n’osaplus se compromettre contre notre infanterie, etfut obligée de lui abandonner tous les champs debataille.
Au Nord, cette nouvelle manière de combattres’établit aussi par nos propres revers. Notre cavaleriequi, en commençant la guerre, avait résisté avecavantage, s’était fondue ; nos bataillons d’infanterie,presque tous de nouvelle levée, savaient à peine lespremiers éléments de la manoeuvre ; et nos géné-raux , tirés presque tous, cette année-là, des rangsinférieurs, pour remplacer ceux que leur naissanceou même leurs services livraient à la défaveur popu-