g 8 ESSAI HISTORIQUE
sur les derrières de celle-ci, enlever les dépôts deslégions anglaises qui s’y formaient. Le tacticien ob-servateur et ami de la nation française , qu’uneabsence de quelques mois aurait séparé de nos ar-mées, eût éprouvé , en les voyant alors, autant desurprise que de joie. Il n’aurait plus reconnu, dansces camps réguliers où des faisceaux d’armes élégam-ment dressés , des baraques uniformes bien ali-gnées (1) , offraient un coup-d'œil tout à la foisimposant et agréable ; ces troupes qui, campées auprintemps dans le désordre et la confusion , ne pré-sentaient , pour la plupart, que le tableau pitto-resque d’une halte de Tartares.
Mais on aurait recherché en vain dans nos campsles traces delà castramétie ancienne. Dans les guerresprécédentes, on campait comme on avait coutumede former les ordres de bataille, sur deux lignes pa-rallèles, et peu distantes entre elles , la cavalerie au*ailes, et l’infanterie au centre. Mais nos ordres debataille ayant changé, les campements avaient aussisubi la même révolution. Nous campions sur unterrain , comme nous avions coutume de l’occuperpour le défendre. Plus de première ligne , plus deseconde ligne , plus de cavalerie aux ailes : l’ordon-nance de nos armées n’était plus la même ; elles
(i) Nos tentes et nos chevaux de peloton ayant été pris ouperdus dans la campagne précédente, on avait commencé parbivouaquer, et les troupes, instruites par le besoin, avaientappris à se baraquer avec de la paille.