Buch 
Essai sur l'infanterie légère, ou traité des petites opérations de la guerre, à l'usage des jeunes officiers ... / par ... Duhesme
Seite
100
JPEG-Download
 

,00 ESS\I HISTORIQUE

conçoit quune armée ainsi étendue devait avoir deslignes dun développement considérable, triple etquadruple de celles des siècles précédents ; une divi-sion de six à huit mille hommes occupait souvent lefront de deux à trois lieues. Les champs de la Bel­ gique , que nous parcourions alors , nous offrirentsouvent des points de comparaison. Les plaines dece pays étaient, depuis plus de deux siècles , lethéâtre de toutes les guerres. La nature , en les sil-lonnant par des ruisseaux et des vallons, y a dessinédes positions militaires dont les armées ont, de touttemps, cherché à se prévaloir. Luxembourg et Saxe avaient particulièrement battu le terrain sur lequelnous avancions ; mais il sen fallait bien que leurs posi-tions fussent aussi étendues que les nôtres. Douze denos bataillons dinfanterie suffirent pour occuper enavant de Tirlemont , sur la Guète, celle que M. deLuxembourg y prit la veille de la bataille de Ner-vvinde. Larmée de M. de Saxe, forte , à peu prèscomme la nôtre, de 70,000 hommes, avait eu uncamp sur la gauche de Tongre , quune partie seulede notre aile gauche put remplir. Les autres divisionsde larmée sétendaient de Tongre jusquà Liège ;elles avaient toujours marché sur un front presqueaussi étendu, dabord de Charleroi à Mons et àBruxelles . Après la prise de Namur , larmée avaitcontinué de prendre des positions en savançant surMaëslricht, la droite appuyée à la Meuse et la gau-rche à la Dener; ce qui donnait des lignes de dix àquinze lieues de longueur.