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ESSAI HISTORIQUEpoussés derrière le Rhin , l’infanterie légère qui setrouvait à l’armée destinée au siège de cette place,y reçut un rôle brillant. Un capitaine, à la tète d’unpiquet de cette arme, allait en avant de la parallèles’établir pendant la nuit dans une espèce de tranchéequ’il creusait comme un petit cirque ; des tirailleursqu’il détachait en avant s’enterraient dans des trousqu’ils faisaient aussi à la faveur de l’obscurité ; ainsipostés, bravant la mitraille et les coups de fusil, ilstiraient sur les batteries à barbette que l’ennemi vou-lait établir dans ses ouvrages avancés , et trouvaientmême, après avoir éteint son feu, le moyen de dé-soler les canonniers des batteries plus couvertes , envisant à travers les embrasures.
A l’armée du Rhin , les plaines du Palatinat , où lesPrussiens auraient voulu se maintenir en attendantla paix à laquelle on travaillait déjà, furent le théâtred’une petite guerre où le général Desaix, comman-dant l’avant-garde de l’armée française, porta lascience des troupes légères au plus grand point doperfection, d’activité et d’audace. Tels furent lesprogrès de notre tactique pendant la mémorable etdécisive compagne de i 794 ; telle fut la manière dontnotre art militaire sortit du chaos de désordre et deconfusion où l’anarchie l’avait jeté. Si j’ai plus parti-culièrement suivi ce*développement dans l’armée deSambre-et-Meuse que dans les autres , c’est que cefut à cette armée que nos progrès dans l’art militairecurent le plus beau théâtre : là, toutes les opérationsde guerre semblèrent se présenter successivement