SUR L’INFANTERIE LEGERE; 129
ques, je devais aussi exposer cette brillante guerreque Bonaparte fit en Italie , et que je regarde commeune tactique neuve. Pouvais-je mieux faire, pourm’en acquitter, que de tracer une esquisse des prin-cipales marches de ces colonnes? Je ne le suivrai pasdans cette campagne où le génie du héros de l’Alle magne se vit forcé de céder à celui de la France , etoù la paix fut dictée à l’empereur d’Autriche auxportes de sa capitale. Je ne parlerai non plus decelte expédition d’outre-mer , digne des temps hé-roïques et de chevalerie, que pour rappeler la for-mation nouvelle de cette colonne dinfanterie, contrelaquelle la rage et la fureur des mamelucks expirèrenttant de fois, et citer cette légion de dromadaires, siheureusement imaginée pour donner la chasse, dansleurs vastes déserts, aux partis errants et vagabondsdes Arabes et des Bédouins.
C’est peut-être la première fois que l’on avait ima-giné de monter des soldats sur des dromadaires : c’é-tait précisément une troupe légère à qui de nouveauxmoyens de marche et de célérité étaient fournis.Chaque soldat, monté sur un dromadaire, portait,;avec ses armes ordinaires, des espingoles , des vivreset son eau. Un corps ainsi pourvu pouvait parcourirun désert, soit en poursuivant les Arabes , dont ontâchait de surprendre les haltes et les camps, soitpour porter des ordres à une place ou à un corps quecette mer de sable séparait de l’armée. Si quelquespartis arabes venaient à les rencontrer et à les atta-quer , les dociles dromadaires pliaient le genou comme
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