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rir une seconde fois, et voulut lui-même en personne
lui faire remplir cette tâche glorieuse.
Comme je faisais partie de cette armée , où jefus employé comme lieutenant-général, j'eus l’oc-casion d’étudier particulièrement celte guerre demouvement.
Je crois que j’aurai complété l’exposition de satactique , si je puis dessiner les mouvements decette immortelle campagne. Masséna, qui avaitdéfendu l’IIclvétie, avait été envoyé en Italie pourrelever cette armée de l’état de découragement oùelle était. Moreau l’avait remplacé : ce général setrouvait à la tête d’une armée ancienne et victo-rieuse , dans un pays qu’il connaissait ; personne nedoutait de nos succès en Allemagne . Il en était autre-ment en Italie . M. de Mêlas avait ouvert le premierla campagne; il voulait en chasser tout-à-fait Mas-séna , avant que les passages des Alpes fussent ou-verts, et que le premier consul pût y entrer. 11 étaitparvenu à séparer l’armée française sur la rivière deGênes ; il en avait renfermé une partie dans cetteplace , et il poursuivait l’autre sur le Var , où le gé-néral Suchet était parvenu à l’arrêter.
Dans ces circonstances, l’armée de réserve auxordres du général Berthier, fut plutôL rassembléesur la route de Genève au Grand-Saint-Bernard ,qu’à Dijon , où les divisions ne firent que passer.Ainsi M. de Mêlas pouvait croire que ceLte armée ,annoncée avec tant d’appareil, n’était qu’un simu-lacre , puisque l’on ne voyait à Dijon que quelques