SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. 145
Au reste , quelles que soient les fautes qui aientpu être commises dans cette célèbre journée, on peutdire que ce furent des fautes très-heureuses , puis-qu’elles amenèrent des résultats qui assurèrent laprépondérance éminente de notre patrie, prépon-dérance qui ne fit que s’accroître dans la suite, etforça l’Autriche à une paix glorieuse pour la France .
Il paraîtra peut-être à quelques-uns de mes lec-teurs , qu’en m’étendant ainsi sur la tactique et lesdifférentes manières de combattre , je me suis écartéde mon but, qui est l’historique des troupes légères.Mais pouvais-je donner une idée de leur utilité et deleur influence sans tracer leur combinaison avec lesautres troupes , par conséquent , traité de l’ordon-nance générale des principales nations et des diffé-rents siècles ? J’ai donc dû , en exposant l’ordon-nance grecque , la montrer sous le point de perfec-tion où la porta Alexandre , et tirer mon exemple dela bataille la plus célèbre et la plus savante de ceconquérant. Chez les Romains, Scipion et Césaront été mes héros, et m’ont fourni des modèlespour l’exposition de l’ancienne et de la nouvelleordonnance légionnaire. J’ai trouvé, dans Gustave- Adolphe , le restaurateur de la tactique romaine,ensevelie par les invasions des barbares. Condé etTurenne suivirent ses principes, et leurs maximesformèrent le code militaire du siècle de Louis XIV .Le génie du grand Frédéric lui fit encore étendrecet art terrible, et trouver de nouveaux moyens devictoire dans le déploiement de ses armées.