ESSAI HISTORIQUE
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CHAPITRE IV.
'Recrutement.
Si l’on pouvait bien répartir les hommes dans lesdifférentes armes, suivant leur génie, leurs moeurset leurs habitudes, on aurait des soldats déjà presquetout faits, et auxquels il ne faudrait que très-peud’instruction. C’est, ainsi que les anciens ne mettaient,pour se préparer à une guerre, que le temps néces-saire pour lever leurs troupes.
Chaque canton envoyait son contingent en troupesorganisées , et munies des armes avec lesquelles ellesdevaient combattre. Ainsi, les habitants des villes etde la plaine, accoutumés de bonne heure à porter lecasque et la cuirasse, au maniement de l’épée et dela pique ( armes dont un fils héritait et apprenaitl’usage de son père), composaient l’infanterie depied ferme et le corps de bataille. Les plus riches , àqui la fortune permettait d’élever des chevaux, seréunissaient en corps de cavalerie. Les peuples, pas-teurs ou chasseurs, des montagnes et des forêts,'qui , toujours en guerre contre les bêtes fauves ,avaient pour eux l’adresse et la légèreté, arrivaientseulement munis d’arcs, de frondes et de javelots,'où ils excellaient dès leur enfance, et ils formaientl’infanterie légère. C’est pour cela, surtout, que lenombre des troupes légères excédait beaucoup celui