SUR L’INFANTERIE LEGERE. 167
d’empire en France ; les dégoût que les classes aiséesmontrent pour la conscription se communique auxclasses inférieures, et chaque année la répugnancepour remplir ce devoir augmente. Que faire donc ?Donner plus d’émulation et d’encouragement auxconscrits, leur ouvrir un plus vaste champ d’espé-rance , et rendre l’état militaire, non-seulement leplus bel état du monde , mais le plus utile , en enfaisant la porte de toutes les belles carrières et lacondition de tous les emplois salariés par l’état.
Si dans ces emplois , comme les contrôles , lesdouanes , les forêts et les droits réunis , on ne rece-vait ni surnuméraire, ni prétendant , qu’il ne fûtporteur d’un congé de trois ou quatre ans de servicedans un corps , combien de jeunes gens qui se fontremplacer ne le feraient pas ? Mais il faudrait aussileur donner l’assurance qu’ils pourraient se faireremplacer au bout de trois ou quatre ans , et sortirdu régiment après ce service personnel ; alors lerégiment se chargerait de pourvoir lui-même auremplacement , moyennant une certaine somme ;et ces sommes ainsi payées pour ces rachats four-niraient une masse de recrutement ; on enrôleraitdans le cours de l’année plus d’hommes qu’il n’enfaudrait pour remplacer ces pertes, même en portantrengagement très-haut.
Le recrutement, confié entre les mains d’un of-ficier honnête et sage , bien loin de désoler les fa-milles , ne serait souvent qu’un bien pour elles ,parce qu’il n’enlèverait que les jeunes gens dont