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état , de leurs plaisirs et de leur famille , pour voler àla défense des frontières? Or, c'étaient ces jeunesgens dont l’exemple entraînait les masses. Mainte-nant que tout est rentré dans l’ordre, qu’il faut ordi-nairement cinq ou six ans de service pour devenirofficier ; que, sans de hautes protections, du bonheurou de grands talents , on n’a plus l’espérance de de-venir officier supérieur si rapidement, on ne trouveplus tant de jeunesse qui se dévoue aux armes.
Les jeunes gefis des villes qui, lors de l’âge de laconscription , ont déjà embrassé un état ; les fils desprincipaux cultivateurs des campagnes , qui alors sesont déjà fixés , cherchent à tout prix à se débarrasserde l’obligation de partir en achetant un remplaçant ;et cela avec d’autant plus d’empressement, qu’enentrant dans un régiment le temps du service est illi-mité , et qu’on n’a presque plus l’espoir d’en sortir.11 n’y a donc que les remplaçants , ou ceux qui sontsans moyens d’acheter un homme, qui forment lecontingent de chaque année. Voici la conscriptionfournie parles dernières classes de l’état (x), et pardes hommes qui, n’ayant rien à perdre , sont moinssous les coups la loi , et par conséquent plus enclinsà la désertion.
On sait combien l’exemple et l'amour-propre ont
(i) Cela est si vrai que sur e contingent d’une année , on apeine à trouver quelques hommes qui sachent lire et ecnre , etque les régiments n’ont plus d’étoffe pour faire des sous-officiers.