»74 ESSAI HISTORIQUE
et lever une partie des difficultés qu’offrent les pas-sages de rivières. Voilà ce que j’entends par l’éduca-tion physique du soldat. Cette éducation les aguer-rirait d avance, sans compter l’avantage de la céléritédes marches , avantage particulier pour cette arme,et les prémunirait contre les maladies qui moisson-nent, dans les troupes nouvelles, plus d’hommesque le fer et le feu. Avec les Français , ce n’est pastoujours sous le rapport du courage et de labravoure,que les troupes, qui ont fait campagne, sont tant es-timées ; car nous avons vu de jeunes conscrits dis-puter le prix de la valeur à de vieux soldats ; maisc’est par rapport à leur résistance , aux marches for-cées , aux bivouacs , à la pénurie de vivres , à leurexpérience de tous les travaux qui les rend indus-trieux , leur fait trouver des ressources incroyablesdans les circonstances les plus difficiles, et conserverleur santé et leur force dans les fatigues et les be*soins.
Croit-on que si l’Empereur, pendant la dernièrepaix (i), n’eût pas tenu les troupes en haleine parses camps sur la côte, par l’invasion d’Hanovre , lesmarches et les rassemblements en Italie , nos troupesauraient pu exécuter, dans cette dernière guerre,les mouvements rapides pour lesquels il a fallu lesjambes et le tempérament de fer de nos soldats. Quanddes soldats, ainsi formés, n’auraient que six semaines
(i) Cet article a été fait en r8o6. .