SUR L'INFANTERIE LEGERE. i 7 3
meut, afin que le passage de la vie sédentaire desgarnisons, aux travaux et aux privations d’une cam-pagne , soit moins pénible, et qu’en y entrant, ilssoient physiquement et moralement disposés auxfatigues de la guerre.
Les régiments d’infanterie légère, ordinairementplacés dans les contrées les plus âpres et les moinscultivées , pourraient , quand les récoltes seraientlevées , faire de petites campagnes de huit à quinzejours; les deux bataillons marchant à certaine dis-tance et parallèlement, bivouaquant et cantonnantséparément, pourraient s’exercer les uns contre lesautres, à toutes les opérations de la petite guerre,en meme temps qu’ils s’accoutumeraient à ses tra-vaux. Des prix et des éloges seraient décernés auxofficiers qui auraient pu surprendre un poste , tour-ner une découverte, entrer par surprise dans le bi-vouac adversaire ; d’autre part, la honte et les répri-mandes du chef rendraient les officiers vaincus à cetteimage de la guerre, plus attentifs et plus surveillants.Ainsi, dans ces petites campagnes, on remplirait ledouble but de s’instruire à la science et aux ruses dumélier, en même temps que l’on s’endurcirait à sesfatigues. Dans les temps ordinaires, on exerceraitles soldats à la course, à sauter, à franchir, à esca-lader les obstacles de toute espèce. Chaque fois queles circonstances le permettraient, on tâcherait deleur faire apprendre à nager. Il n’y a pas un militairequi ne sente qu’un corps, dont les soldats sont na-geurs , peut souvent décider des opérations majeures,