SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. 179
«œuvres que le roi de Prusse faisait, exécuter dans sescamps de parade , et rédigée par des gens qui n’a-vaient jamais fait la guerre , ou qui ne l’avaient vueque d’un angle très-rétréci, peut elle s’appliquer ànotre genre de guerre actuel?
Quel général, quelque manœuvrier qu’il soit 7pourrait dire qu’il a fait agir ou combattre une divi-sion ou une brigade par les manœuvres de l’ordon-nance ? Quel champ de bataille préparé exprès dansune belle plaine découverte pourrait le permettre?Dans quelles batailles enfin de la dernière guerrea-t-on fait usage de ces changements de front surune ou deux lignes , de ces grands déploiements, deces grandes formations de colonnes ? Commentmême supposer deux lignes pleines, serrées etparallèles , puisque nous ne combattons plus avecde tels ordres de bataille, que les accidents duterrain règlent l’espace et l’alignement des batail-lons et des régiments entre eux ; que les distancesdes différentes lignes et des réserves , et que ledispositif des régiments des différentes armes sontsubordonnés aux positions locales, et aux projetsdu général? Que les colonels des régiments de lignesoient debonne foi, ils avoueront qu’ils ont très peufait manœuvrer sur les champs de bataille , quoiqu’onfaisant beaucoup de mouvements ; et que leurs ma-nœuvres se sont bornées à des formations en colonnesserrées et déploiements par bataillons, et rarementpar régiments. On ne doit pas en conclure cependantque je veuille interdire la connaissance de ces grandes