*88 ESSAT HISTORIQUE
chargent moins que les autres soldats. Puisqu’ils sontdéjà moins forts à cause de leur petite taille , et qu’ilsont un service qui exige souvent des marches plusfortes, des courses et de la vélocité, il faut s’arrangerpour qu’ils soient très-peu chargés ; car on sent toutl’avantage qu’une troupe qui pourrait se passer de lacharge indispensable du sac aurait, surtout dans laguerre actuelle, où la maxime du maréchal de Saxe,qui plaçait le succès dans les jambes, a été plus quejamais confirmée.
Je n’ai pas encore parlé du tir à cible , prescritpar l’ordonnance. Certes , si l’on pouvait rendre tousles soldats bons tireurs par cet exercice, la guerrefinirait presque dès les premières rencontres. Il suffitde calculer notre prodigieuse consommation de car-touches , et de comparer le nombre des coups defusils que l’on tire dans une action, avec celui destués et blessés, pour être convaincu que le soldatn’est pas assez exercé sur le tir. A peine y est il ap-pliqué deux ou trois fois par an , ce qui est certaine-ment insuffisant pour lui donner l’expérience duc.oup-d’œil. Au lieu de dix cartouches à balle que lesoldat lire par an à cet exercice, il faudrait qu’il endépensât, pour être habile tireur, trois à quatrecent; ce qui ferait à l’état une dépense de près de4o millions. Cette dépense ne serait point compen-sée, parce que l’adresse individuelle est souvent per-due dans les feux collectifs, à cause du commande-ment , du bruit et de la fumée. Notre feu le plusmeurtrier vient ordinairement de nos tirailleurs..