SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. 189
Combien le serait-il davantage, s’ils étaient tous bonstireurs! Voilà pourquoi un chef de corps devrait ap-pliquer ses voltigeurs, non-seulement au tir à cible rmais encore à tirer sur des objets en mouvement ; cequi se ferait en suspendant en l’air des mannequins depaille, de manière à ce que le vent ou une corde lesagitât fortement. Un homme, habitué par l’exerciceà toucher de loin ce mannequin en mouvement, at-teindrait autant de facilité les cavaliers les plus vé-loces qu’il apercevrait sur le champ de bataille. Danscette hypothèse , quel homme à cheval oseraitmême en plaine, charger un de ces habiles tireurs?Quelle supériorité ils donneraient à leur parti, etquels ravages inconnus ils feraient au parti contraire,'en arrêtant les chefs, dont l’exemple et l’audace en-traînent les troupes à la charge, et rendant ainsi leurprésence , en avant du front de leur ligne , dange-reuse et presque impossible!
Peut-être serait-ce l’occasion de discuter s’il neconviendrait pas de donner à nos voltigeurs la cara-bine rayée , dont la portée est si longue et le tir sijuste ; mais outre que je veux que nos voltigeurschargent àlabaïonnette, etne perdent pas l’avantageque l’impétuosité de notre nation nous donne à cettecharge, j’observerai que nous avons fait, et moi par-ticulièrement, l’expérience de ces carabines, et quenous avons été obligés de les ôter à nos compagniesd’élite, qui, dans l’infanterie légère en ont retenule nom de carabiniers, et de leur donner le fusil or-dinaire de calibre avec sa baïonnette.