36o ESSAI HISTORIQUE
guerre ont changé. J’ai démontré ces changemensdans ma notice historique de l’infanterie légère , etclans la comparaison des lignes et des camps des ar-mées françaises au commencement de la révolution,avec celles des siècles précédens ; j’ai fait toucher audoigt et à l’œil la grande différence qui existe entrenotre castramétation actuelle et celle d’alors.
Une armée de 5o bataillons et de 4o à 5o escadronsde cavalerie, campée sur deux lignes parrallèles etdistantes d’une demi-lieue , longues d’une ou deux ,avait bientôt dévoré tous les fourrages verts qui setrouvaient entre ses grand’gardes et sur ses derrières.Il était impossible de faire vivre la cavalerie autre-ment. Comment pouvoir réunir et charier assez defourrages secs pour tant de chevaux réunis dans uncamp ? Car il faut penser qu’il y en avait autant ànourrir pour l'infanterie, les officiers subalternes ousupérieurs, les bagages, les administrations et l’ar-tillerie , que pour les régiments de cavalerie. Il fallaitdonc aller , pour peu que l’on restât dans la mêmeposition , couper les fourrages qui se trouvaient àune lieue ou deux sur le front ou sur les flancs ducamp. Il fallait y aller en force , escorter les fourra-geurs avec de la cavalerie en ordre , et soutenir cettecavalerie avec de l’infanterie , ce qui faisait de gran-des opérations , et devenait souvent l’occasion de.combats considérables (i). Souvent aussi on dégui-
(i) Les armées anciennes , qui avaient une castramétationencore plus resserrée, fourrageaient aussi au vert, et les four-