3 7 4 ESSAI HISTORIQUE
creux , les digues , les bois, les vallées profondes etétroites, en général tous les défdés donnent des facilitéspour couper un convoi. On embusque souvent unepar-tie de la troupe, qui, par un feu à bout portant, tue leshommes et les chevaux , arrête le convoi , et portele désordre , tandis qu’avec une colonne d’attaqueon arrive sur la file, on la perce ; de là on marchesur les différentes parties de l’escorte que l’on bat lesunes après les autres. Si l’on peut avoir quelques piècesmasquées, on est sur d’arrêter le convoi avec cela seul;et pendant que les troupes de l’escorte se portent con-tre ces pièces pour les éloigner, on marche au convoi,on perce la file , on détourne les voitures, on les faitfiler par un autre chemin, ou , si on ne se sent pasassez fort pour battre l’escorte, ou la mettre en fuite,on coupe les jarrets des chevaux, on renverse leschariots, on y met le feu ; on fait sauter les caissons,on encloue l’artillerie, et l’on détruit tout ce quel’on peut. Cela se fait avec des petits détachementscommandés pour cela, et mis à la suite de chaquecolonne d’attaque, afin qu’elles ne soient pas détour-nées de leur but, qui est de battre l’escorte. Ces co-lonnes sont chargées chacune de leur rôle ; quelques-unes ne sont destinées qu’aux fausses attaques pourdonner le change au principal corps de l’escorte. Lecommandant de l’attaque aura toujours une bonneréserve avec laquelle il se portera avec rapidité au-devant de toute partie de l’escorte qui viendrait, ausecours de l’autre ; car , de bonne heure , il faut lesdiviser et empêcher qu’elles ne puissent se secourir.