SUR L’INFANTERIE LEGERE. 3 7 5
Ces attaques doivent être brusquées, afin de ne pasdonner le temps à l’ennemi de se parquer , de dou-bler ses files , ni de faire aucune disposition. S’il a letemps , au contraire , de se parquer , de prendreune disposition ou de gagner une ferme , un bourg,ou tout endroit où il pourrait s’appuyer , on se con-duira , si on est en mesure de réussir , comme àl’attaque des postes de campagne ; dans tous cas,on menace toujours , on harcelle ; l’on empêche ainsile convoi de se mettre en route, et on lui fait perdreun temps précieux.
L’attaque d’un convoi se compose de l’art des par-tisans ; il faut de la finesse , de la célérité et de l’au-dace pour réussir, et, si l’on est soutenu par le pays»quelque inférieur que l’on soit à l’escorte , on par-vient toujours à lui causer un grand dommage , si onne peut l’enlever entièrement , ou le détruire. Unerègle générale pour le partisan qui a détruit un convoi,c’est de ne pas rester long-temps sur les lieux, parcequ’il doit bien se douter que , cette nouvelle portéeà la place ou au corps le plus voisin , on fera marcherdes troupes pour le reprendre ; ainsi tout ce qu’il nepeut emmener avec célérité , il le détruit. Puisquel’avantage de son expédition vient moins de ce qu’ilprocure aux siens par celte prise , que de ce dontil prive son ennemi , c’est encore plus par la pertede ses transports qu’il lui fait tort que par celle deschoses transportées. Il suffit souvent de trois ouquatre expéditions de ce genre pour priver un corpsd'armée de tous ses moyens d'approvisionnements,