3 7 8 ESSAI HISTORIQUE
mais la manipule était beaucoup moins nombreuse ;parce que les hommes avaient plus de distance entreeux pour la facilité du maniement de leurs armes.Cet ordre est si naturellement formidable, que sanssonger à l’application que nous faisions, nous l’adop*tâmes comme spontanément quand , dans les plainesde la Belgique , il nous fallut marcher contre cetteredoutable armée autrichienne , qui , au courageinspiré par le mépris de notre inexpérience et parl’orgueil de ses campagnes récentes contre les Turcs,ajoutait la science et l’expérience militaire la plusconsommée.
Déjà , comme je l’ai fait remarquer dans ma No-tice historique , nous avions fait , dans nos pre-miers combats , une heureuse expérience de nosessaims de tirailleurs ; ils nous avaient valu nos pre-miers succès ; mais ces masses de tirailleurs , aban-donnés à leur fougue et à leur imprudence , n’étantpas soutenues par une ordonnance analogue à leurmanière de combattre , elles avaient souvent ététournées et sabrées par la cavalerie ennemie , sansqu’il fût possible de les secourir , et nos revers com-mençaient souvent par leur défaite ; c’est pourquoiles maîtres de ce temps-là nous prescrivaient de ser-rer nos bataillons en masse , et de les ranger enéchiquier. Des régiments de cavalerie étaient disposéssur les flancs ou en arrière comme une réserve , etfournissaient des voltigeurs à cheval sur le front avecdes pelotons pour les soutenir ; les braves soldats del’infanterie sortaient de bonne volonté des bataillons t '