SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. 3 79
et se joignaient en tirailleurs à ces cavaliers ; ils leurdonnaient et en retiraient une confiance qui doublaitl’audace de chacun, et assurait l’adresse et la justessedu coup de fusil.
Dans cet ordre , cette infanterie marchait dans lesplaines les plus découvertes contre les lignes autri-chiennes , quelle que fût leur supériorité en cavale-rie , et les faisaient reculer. Nos tirailleurs pleinsd'audace et d’intelligence , répandus comme les vé-lites romains sur le front de bataille , ayant sur euxla supériorité de l’arme du jet, faisaient encore plus deravage dans les rangs ennemis que ces anciennes trou-pes légères; on les voyait à chaque instant faire mordrela poussière au cavalier téméraire , qui s’avançaitpour les sabrer , et au chef de peloton qui faisait unmouvement pour les tourner. Une charge sérieuse dequelques escadrons se disposait- elle contre eux ? lléu-nis à un signal de leurs officiers , ils se formaient enpeloton, et pour peu qu’un accident du terrain.lesprotégeât, ils savaient résister, ou bien ils regagnaientavec vitesse les intervalles des bataillons. De-là leursfeux se combinaient avec celui de la ligne pour re-poussse toute attaque ultérieure. A peine cette ca-valerie avait-elle tourné le dos, qu’ils se lançaientde nouveau hors delà ligne avecune nouvelle ardeur;des batteries ennemies se trouvaient-elles tirer avecavantage sur nos bataillons ? c’était contre leurs ca-nonniers qu’ils exerçaient leur adresse et leur audace;éparpillés comme des sauterelles , ils s’en appro-chaient à portée du fusil, en profitant des fossés