SUR L’INFANTERIE LEGERE. 38t
gère comme les Piomains; mais à cette époque, l’armeà feu n’était pas perfectionnée, et le soldat qui enétait armé ne pouvait pas s’aventurer avec autant deconfiance que le vélite romain, qui, muni de cinqjavelots , pouvait les lancer coup sur coup à son en-nemi et se retirer en se protégeant ainsi dans les in-tervalles des manipules. Voilà pourquoi quelques écri-vains du siècle de Louis XIV ont voulu donner lasupériorité à l’arme de jet ancienne sur la nouvelle.C’est bien différent maintenant que nos soldats sontarmés d’un bon fusil à baïonnette qu’ils chargent ettirent cinq fois en une minute.
Personne n’a mieux prouvé la bonté de l’ordon-nance légionnaire que le maréchal de Saxe, dans l’ap-plication qu’il en a faite à la formation de la légionqu’il propose. Que l’on me permette d’exposer sonsystème , comme une autorité prépondérante pourle mien : ce héros du règne de Louis XV , sentanttoute la défectuosité de notre ordre de bataille, avait,dans ses Rêveries , cherché une formation plus mili-taire ; il composa sa légion de quatre régiments, cha-que régiment de quatre centuries de 184 hommeschacune , plus une demi-centurie d’armés à la légère,de 70 hommes, et une demi-centurie d'hommes àcheval au même nombre. Les centuries se combi-naient de manière à se former, quand il fallait char-ger, en petits carrés longs de 8 hommes de hauteuret 22 de front. Ces quatre petits bataillons devaientse disposer de manière à laisser entr’eux des inter-valles à peu près égaux à la moitié de leurs fronts,