3 9 4 ESSAI HISTORIQUE
phémie , nos bataillons serrés en masse, et disposéstant que le terrain l’eut permis , en échiquier, eus-sent été précédés par des essaims de tirailleurs quiauraient déjà commencé par éclaircir les rangs en-nemis, qu’en approchant, les têtes de colonnes sefussent lancées à la course , la ligne anglaise n’auraitpas conservé ce beau sang froid qui la fit tirer si justeet avec autant de précision. Et certes, elle n’eût pasattendu aussi long-tems pour démasquer son feu , siauparavant elle eût été vigoureusement harcelée parnos tirailleurs. On remarquera aussi que si nos co-lonnes n’eussent pas été déployées, ce feu n’eût paseu autant d’effet ; car c’est là l’avantage des batail-lons en masse contre la mousqucteric ; il n’y a guèreque le premier rang qui souffre , et il est peu étendu.
Mais il est très-difficile d’obtenir des officiers su-périeurs de marcher long-tems en colonne serrée ;on dirait qu’il y a une certaine magie qui les arrêteet les fait déployer à portée et sous le feu le plusmeurtrier, comme pour donner plus de prise, etprécisément au moment où , au lieu de ralentir lemouvement, ils devraient l’accélérer et lancer lessoldats à la course. J’ai vu presque toutes les dé-routes commencer ainsi : si l’on doit se déployer,il vaudra mieux le faire d’avance ; mais, qu'on veuillem’en croire, il est bien difficile de faire marcherlong-tems un régiment en bataille ; pour peu qu’ily ait quelques obstacles et des difficultés de terrainset de pertes , les ailes tournent, le centre crève , etvoilà encore mon bataillon en déroute ! Dans ces