3 9 6 ESSAI HISTORIQUE
verre jaune devant les yeux pour ne voir quejaune , après avoir établi son système de colon-nes , ne voyait plus que colonnes dans toutes lesactions heureuses de la guerre. Moi, je suis arrivé àmon ordonnance par l’expérience; je ne l’ai pointinventée, je n’en suis point le créateur; je lai reçuedes généraux que l’opinion publique désigna debonne heure comme de bons maîtres; je l’ai prati-quée, et je m’en suis toujours très-bien trouvé , soitqu'il fallût marcher à l’ennemi, soit qu’il fallût se re-tirer devant lui; caron remarquera que nous avonsdans nos réglemens de manœuvres la retraite en échi-quier , à la vérité, par bataillons déployés; maiselle sera plus sûre quand les bataillons ne se retire-ront que serrés en masse : avec ma méthode , ils nedoivent être en bataille que quand ils sont arrêtés ,pour protéger ceux qui se retirent. C’est ainsi qu 'avecsix bataillons des ioo c . et 17 e . demi brigades de labrigade du général Vendame, fut faite , en l’an IVdevant un corps d’ennemis très-supérieur , cette re-traite heureuse que j’ai citée dans mon avant-propos.
La bataille de Caldière, en i8o5, quoique peucélébrée, n’en fut pas moins sanglante et opiniâtre( puisque farinée d’Italie lutta avantageusement pen-dant tout un jour entier , avec a5ooo hommes d’in-fanterie contre plus de 5o,ooo.) Elle m’a confirmédécidément la bonté de l’ordonnance des bataillonsen masse combinés avec nos tirailleurs. Avec troisou quatre bataillons serrés en colonne, disposés enéchelons ou en échiquier, et précédés de bons tirai!-