3gS ESSAI HISTORIQUE
au contraire, l’encourageant par la voix, il piécipitesa marche. Le troisième bataillon suit le mouvement ;et la ligne autrichienne, malgré son feu et la supé-riorité du nombre, rétrograde. En rétrogradant,une grande partie de cette ligne s’engloutit dans unchemin creux qu’il fallait repasser ; tout y fut pris outué; et ce qui prouva la supériorité du nombre desennemis, c’est que cette charge seule nous valut 800prisonniers. Nos tirailleurs firent merveille pendanttoute la journée; et le grand nombre d’Autrichienstués ou blessés prouva d’une manière évidente l’ex-cellence de cette méthode; car nous fîmes peu defeux collectifs; et comme le terrain était très-cou-vert et très-coupé , nous ne pûmes presque pas faireusage de notre artillerie.
Je pense que j’ai assez enlassé de raisonnemens,de preuves et d’exemples à l’appui de mon système;pour convaincre ceux qui rechercheront de bonnefoi la vérité. Je n’ouvre pas une discussion, je 11efais que donner un conseil, et je ne force personneà le suivre.
Occupons nous de ce que nos tirailleurs aurontà faire. En les dispersant sur le front de la ligne,leurs officiers veilleront à ce qu’ils soient tous à peuprès à la même hauteur , que les uns ne soient pastrop en avant, les autres trop en arrière ; qu’ils res-tent toujours, tant que faire se pourra , vis à-vis lescréneaux dont ils font partie, pour les regagner plusfacilement : ils seront réunis deux à deux, et cesdeux compagnons, qui devraient être toujours deux