SUR L’INFANTERIE LEGERE.amis, ne doivent pas se quitter, afin de se secourirmutuellement quand ils seront pressés; l’un devratoujours conserver son feu , et ne lâcher son coupde fusil que quand l’autre aura rechargé. A mesure'que les lignes s’aborderont, les tirailleurs démas-queront le front des colonnes serrées de la première,ligne et se resserreront vis-à-vis les créneaux, oùils entreront ensuite en se mettant en ligne sur unrang avec leur réserve, qui, étant sur deux rangs,commencera un feu de file bien soutenu, mais danslequel on recommandera au soldat de tirer plutôtavec justesse qu’avec célérité; il est bien entenduque les tirailleurs ne devront jamais cesser le feu,mais au contraire le redoubler.
Tel est l’ordre dans lequel on devrait aborder uneligne qui décidément resterait impassible et atten-drait à la baïonnette. 11 réunit l’avantage d’un frontétendu de feu . et celui de l’impulsion et de la pro-fondeur des colonnes. Remarquez bien qu’avec vostirailleurs et vos réserves qui feront toujours près de200 hommes, vous garnirez l’étendue de vos cré-neaux d’un feu moins fourni, à la vérité, que celuides bataillons, mais plus sûr et plus meurtrier; puis-que , je le répète , on aura des tirailleurs exercés etbons tireurs. Ainsi donc, ayant sur l’étendue de 1123ligne 800 tirailleurs, j’aurais 24.00 coups de fusil parminute ; car, quoique le soldat puisse tirer 5 à 6 coupspar minute , le mien n’en tirera que trois pour pou-voir marcher et pour mieux viser; les lignes met-tront toujours bien dix minutes à s’aborder; mulli-