4 02 ESSAI HISTORIQUE
est continuée par les autres bataillons, à qui ceuxqui ont pris celte position servent de pivot ou depoint d’appui. Quelquefois c’est une charge de ca-valerie qui force les bataillons des ailes à ralentir leurmarche et à leur faire face, souvent même à se re-plier en potence devant ceux du centre et à se dé-ployer. Souvent aussi les bataillons s’engagent dansdes pays fourrés, perdent leur direction , s’entassentsur un point, ou se séparent trop les uns des autres.
Tel est l’art difficile de la guerre, qu’il se combinede mille manières; que le terrain, la bravoure destroupes , l’intelligence des officiers, le génie nationaldu soldat, doivent entrer dans le calcul des chancesd’une bataille, et que souvent les dispositions les plussages et les plus prévoyantes sont contrariées par leplus petit événement et le plus petit obstacle. Aussiou ne peut jamais proposer que des principes gé-néraux : les meilleurs sont ceux qui se trouvent ap-plicables au plus grand nombre de circonstances.Tel est l’ordre que je propose, comme le plus avan-tageux pour une ligne plus ou moins longue qui veutaborder son ennemi. J’ai pour moi une longue expé-rience ; et j’ose espérer que les officiers qui ont faitla guerre , quand même ils différeraient dans quel-ques détails , adopteront le fond de cet ordre debataille.