SUR L’INFANTERIE LÉGÈRE. 401
cependant bien de poursuivre en désordre et à la dé-bandade. Leur chef fera doubler le pas, mais en lestenant plus que jamais en ordre ; il se contentera dedétacher un des deux pelotons de la queue pour allersoutenir les voltigeurs, s’il le faut.
Si quelques-uns de ces bataillons avaient beaucoupsouffert, ils prendraient position et seraient rem-placés par ceux correspondant de la secondeligne. C’est aux généraux à être partout et à donnerleur coup-d’œil et leurs ordres. L’ennemi s’étant misen colonne et ayant décidément commencé sa re-traite, on doit détacher une partie des troupes pourle poursuivre, tandis que le reste prend position.L’on fait ce mouvement sur une ou deux colonnes,en se ménageant des distances qui donnent la faci-lité de prendre une ligne et faire des dispositions,si, l’ennemi s’arrêtant et faisant volte-face, il étaitnécessaire de le combattre de nouveau.
Ne serait ce pas induire en erreur notre lecteur,que de lui faire supposer la possibilité de toutes lesbatailles dans un ordre aussi parfait ? Peu de terrainsoffrent une plaine aussi uniformément étendue poury faire manœuvrer deux lignes l’une contre l’autreavec cette rectitude et ces distances prévues. Uneligne de 8 bataillons qui s’ébranle contre une autreligne, n’arrive jamais parallèlement contr’elle. Tantôtc’est une partie de la ligne, comme le centre ou uneaile, qui est arrêtée par un village, un bouquet debois, ou un ouvrage qu’il faut emporter, et tenirquand on s’en est emparé. Alors seulement la charge
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