SUR L’INFANTERIE LEGERE. 4t5
ne venait se rançonner aussitôt. Ce qu’ils faisaient,ces fameux flibustiers, des Français bien exercés etbien dirigés ne pourront-ils le faire aussi? et ne nousest-il pas possible de faire atteindre à nos voltigeursle même degré d’adresse ? Que l’on considère l’a-vantage que l’on en retirerait dans un siège. Quandsur toute une armée de siège , on ne trouverait que200 hommes qui sauraient se servir de la carabineet de l’arquebuse, comme la plupart des chevaliersde nos anciennes compagnies d’arquebuse . on fini-rait par éteindre le feu des assiégés, ou du moinspar le ralentir de plus de moitié ; il suffirait pour celade placer devant chaque embrasure 2 ou 3 de cesbons tireurs.
On voit qu ainsi les voltigeurs seront très-utile-ment employés depuis le commencement de l’inves-tissement de la place jusqu’au moment où la brècheétant ouverte , on en viendra à l’assaut qu’ils favori-seront en la dégarnissant, ainsi que les parapets voi-sins , par un feu vif et bien dirigé depuis les dernièresapproches où ils auront pu s’établir ; mais ils ne par-ticiperont pas autrement aux assauts qui doivent êtreexclusivement réservés aux grenadiers. C’est unemauvaise routine d'employer de petits hommes àune opération où il faut de la taille et de la forcecorporelle, pour gravir, surmonter, et souventmême renverser les différens obstacles que l’on ren-contre dans les brèches les plus praticables. La co-lonne qui est destinée à un assaut, doit partir defort près, marcher sans tirer et sans s’arrêter. Des