4iG ESSAI HISTORIQUE
voltigeurs qui la précéderaient ne feraient que la ra-lentir et l'encombrer.
Tous les assaillants devraient avoir le fusil en ban-doulière , et le sabre à la main. Ils devraient êtrearmés défensivement ; en conséquence , avoir dansle bras gauche un petit bouclier à l’épreuve de laballe, et c'est ce dont on ne s’avise jamais, parceque l’on n’en a point dans les arsenaux ; et cepen-dant si l’on en menait un millier dans les parcs desiège , on en armerait au moins les soldats de la têtede colonne, qui en s’en couvrant la tête, forme-raient une espèce de tortue, comme les anciens dansles mêmes circonstances, et pourraient arriver ainsiau pied de la brèche , presque à couvert de la fusil-lade du haut. Peut-être serait-il à craindre que lavivacité française ne s’arrangeât pas d’une telle pré-caution , et qu’une partie des boucliers ne fût jetée ,dès que l’on serait obligé de se rompre à travers lesaspérités que présente un mur renversé ; et je crainsbien que l’on ne regarde cette résurrection de tac-tique ancienne comme impraticable dans celle denos jours ; mais l’intérêt précieux de la conservationdes hommes ne commanderait-il pas d’en faire l’es-sai , si ce n’est pas une brèche défendue par l’en-nemi , que ce soit dans un assaut fictif.
A ce sujet, je ferai faire la remarque qu’il est biensingulier qu’ayant soin d’instruire les soldats à plusd’exercices et d’évolutions que l’on n’en pratiqueordinairement à la guerre, on les mène presque tou-jours à l’assaut d’une brèche, à une escalade* sans