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Tome second.
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DE T A C T I U E, Parût II. n

sensifs. Pour T éclaircissement du principe , que j’ai exposé au com-mencement de cet article , il faut enfin conclure qu’il peut y avoirdes occasions où il est inutile , 8c même impossible d’ouvrir des mar-ches fur toutes les directions ; mais que du moins il est important quetoutes les directions soient reconnues par les officiers de Tétat-major ,ou si cela ne fe peut , par des renfeignemcns pris avec les gens dupays ; il faut conclure que le maréchaì-général des logis doit fe faireun tableau exact de ces itinéraires ôc reconnoissances , de façon à nejamais quitter une position fans avoir pouflé des rayons par les recon-noissimces , ou par les renfeignemcns qu’il prendra fur toutes les di-rections environnantes, Lc à parvenir, par ce moyen , à la plus par-faite connoissance possible du théâtre de la guerre.

Disons maintenant comment les marches d’armée doivent être ou-vertes , 8c remontons pour cela aux premiers principes de la marchedes troupes. Un bataillon ne peut fe mouvoir que perpendiculairement,ou parallèlement au terrein qu’il occupe. II en est ainsi d’une armée.Les ordres de marches se réduisent conséquemment à deux especes, mar-ches de front , 8c marches de flanc -, ces deux especes exigent des pré-cautions 8c des combinaisons absolument différentes. On va voir com-ment , faute d’établir cette distinction 8c de calculer en conséquence,la routine la plus vicieuse a jusqu’ici ouvert les marches , 8c mis nosarmées en danger d’être battues , si les armées opposées avoient étéplus savantes 8c plus manœuvrieres.

Toutes les fois que Tannée doit exécuter une marche de front, soiten avant , ou en arriéré , le front de cette marche doit être égal àl’étendue du terrein qu’occupe T armée en bataille ; c’est-à-dire, qu’ildoit y avoir de la colonne de droite à celle de gauche, le terrein né-cessaire pour que Tannée puisse s’y déployer.

Toutes les fois au contraire que T armée doit marcher par son flanc,comme son mouvement doit s’exécuter, alors chaque ligne ou chaquemoitié de ligne formant une colonne, les débouchés doivent être ou-verts très-rapprochés Tun de l’autre , de maniéré que les colonnes dudedans de la marche soient le plus près possible de la colonne extérieure,8c par conséquent de la parallèle sur laquelle T armée seroit obligée dese former.

Dans les marches de front , il n’est pas nécessaire , 8c il est mêmeimpossible, à moins que T armée ne marche dans une plaine totalementdégagée d’obstacles , que les débouchés soient toujours ouverts à unedistance exactement combinée sor la force des colonnes qui doivent ymarcher. II suffit qu’en arrivant sur les points où Tannée peut, ou doitfe former , les colonnes se rapprochent le plus qu’il est possible decette distance. J'éclaircirai ci-après ce principe.

Toutes les sois 'qu’il est question d’ouvrir une marche , le maréchal-general de s logis doit voir par la position de Tannée , par celle de Tcn-nemi , par la situation du point vers lequel on veut fe porter, fi cette

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