ir. ESSAI GENERAL
marche est de front ou de flanc , afin de pouvoir en conséquence dirigerT instruction & l’opération des aides-maréchaux des logis, chargés de pré-parer les débouchés. Si c’est une marche de front, & qui se fasse à por-tée d'un ennemi entreprenant 6c manœuvrier , le marechal-général deslogis doit reconnoître l’enfemble & le front du pays que les colonnes tra-versent , 6c pour cet effet le parcourir transveríalement de la droite a lagauche, toutes les fois que le terrein paroît permettre aux colonnes dedéployer, afìn de reconnoître , fur le front de la maiche, une ou plusieurspositions successives où l'armée puisse se former , dans la lupposition quePennemi arrive inopinément fur elles -, 6c de diriger , en conséquence deces reconnoissances , les opérations des aides-maréchaux généraux deslogis, qui font ouvrir ou tracer les débouchés derriere lui.
L,es mcnies précautions doivent être prises en longeant le flanc .exté-rieur de la marche, quand Parmée doit faire une marche par les ailes.
Le principe exposé ci-dessus est trop important pour que je ne cher-che à répandre fur lui toute la clarté possible. Supposons donc qu’aumilieu du pays représenté Planche /, je sois chargé de diriger l'ouver-rure d’une marche pour porter Parmée vers P ennemi, campé en B : jejette les yeux fur les circonstances de cette marche, je vois que c’est unemarche ae front dont il s’agit, je vois que cette marche est délicate ence que Pennemi est en melure de pouvoir venir au devant de Parmée, &l’attaquer dans son mouvement ; je l’ouvre en conséquence avec toutesles précautions indiquées par les maximes précédentes; 6c pour cet effetvoici comment je procede.
L'armée est formée en six divisions, 6c c’est pour six colonnes queje veux préparer les débouchés. A la tête des travailleurs qui tracent 8couvrent chacun de ces débouchés, je place un officier intelligent 6c ha-bitué à cette efpece de travail, 6c de ma personne je me porte en avantdu front de la marche. Celui du camp ae Parmée fe trouve d'abordêtre une plaine unie 6c fans obstacles -, mes débouchés s'avancent doncrapidement, partant tous six de la droite ou de la gauche des divisions ;tous six proportionnés, pour leur distance entr’eux, à la force des di-visions; tous six enfin embraffant, depuis celui de la droite jufqu’à celuide la gauche, lc terrein qui feroít nécessaire pour former l’armée. Aune lieue du camp, le pays change, la plaine lé rétrécit, des obstaclesl’embarrassent ; alors la direction de chaque colonne devient subordon-née à ces obstacles, les colonnes s’éloignent j bu sc rapprochent l’une deP autre, suivant la situation des débouchés qu’offre le pays, ou de ceuxqu’il permet le plus facilement d’ouvrir. Là, deux colonnes fe touchentpresque ; ici, deux autres s’éloignent beaucoup au delà de leurs distan-ces naturelles, & cela ne fait rien à Penfemble 6c à la sûreté, de la mar-che; car où le pays devient couvert, 6c fe réduit à des débouchés, onne doit pas craindre d’étre .obligé de prendre rapidement un ordre debatàille; puisque la difficulté des débouchés empêcheroit également Pen-nemi qui voudroit venir attaquer, d’y combiner une diípoíìtion. Ce-
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