DE T A C T I Q^U E. Partie 11. -7
officier général qui les commande , qui cil chargé de leur police, disci-pline, Sc en rend compte au général de l’armée. On voir delà combiencette formation élague Sc simplifie les détails. L’armée fe met-elle enmarche ? Chaque division forme fa colonne. Arrive-t-on au camp ?Chaque division y prend fa place. L’ordre de marche a-t-il pour but deconduire à un ordre de bataille ? Comme toutes les parties de cet ordrede marche font égales entr’elles, le général peut, suivant les circonstances,combiner foq déploiement 8c les manœuvres intérieures qui le préparent,de maniéré à dégarnir Sc à renforcer telle ou telle partie de sa disposi-tion qu’il juge a propos. Reprenons ma comparaison du partage d’unrégiment en bataillons. La tactique enseigne qu’il ne faut faire ces ba-taillons ni trop forts ni trop foibles, parce que dans ce premier cas ilsieroicnt trop pesons, Sc que dans l’autre ils n’auroient pas assez de consi-stance. Je dois donc éviter les deux mômes inconvéniens dans la forma-tion des divisions d’une armée, Sc voici pour cet effet quelle est maréglé. Les divisions ont pour objet principal de simplifier les ordres demarche, & de faciliter, ainsi que d’accélcrer les mouvemens par lesquelsE armée peut prendre un ordre de bataille ; il sont par conséquent que ,destinée à former ordinairement chacune une colonne, elle ne soit pascomposée d’un trop grand nombre de troupes j alors elles seroient troppesantes, trop lentes à fe déployer, Sc à concourir à l’exécution de l’or-dre de bataille. II ne faut pas non plus qu’elles soient composées d’untrop petit nombre de troupes; alors celui des divisions seroit trop multi-plie , Sc il seroit pénible Sc souvent impraticable d’ouvrir assez de débou-chés pour soire mouvoir l’armée. Je me répete peut-être, mais dans unediscussion de principes, cela est quelquefois inévitable.
La véritable proportion du partage d’une armée, combinée fur lesmanœuvres de déploiement 8c fur les vues de la grande tactique , est detrois Sc au plus quatre divisions pour l’infanterie , indépendamment desailes de cavalerie qui en formeront chacune une. Quant à la force des di-visions, elle doit être au plus de vingt-quatre bataillons dont moitié depremiere 8c moitié de seconde ligne, Sc jamais au-dessous de douze. Cha-que aile de cavalerie devant former une division , il n’y a pas de bornesprécises à lui assigner. Je donnerai dans la fuite de cet ouvrage un exem-ple d’une armée divisée d’après ce principe , Sc exécutant tous les ordresde marche 8c de bataille possibles.
Expliquons maintenant avec le détail nécessaire , pourquoi il faut queles divisions soient égales, pourquoi il sout, autant qu’il est possible , queles dispositions de l’ordre de marche soient immuables. Ce font ces divi-sions de la même force , ce font, au moyen de cela, toutes les dispositionsde l’ordre de marche égales entr’elles , c’est cet ordre de marche, autantque les circonstances le permettent, toujours le même , qui donnent augénéral la facilité de combiner dans le moment ,Sc à la vue de l’ennemi,tel ou tel ordre de bataille qu’il juge à propos. J'ai dit dans tout cela,autant que les circonstances le permettent , car quelquefois il peut arrive»
Tome II. C