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Tome second.
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18 ESSAI GENERAL

que la nature du pays ne comportant pas d’ouvrir le nombre de débou-chés nécessaire , on soit obligé de former les colonnes de plus d’une di-vision. Quelquefois il s’agit d’un mouvement offensif dans un pays ab-solument ouvert, 8c dont le but est de prendre rapidement une dispositionde combat ; alors il n’y a nul inconvénient à multiplier les colonnes, àen former deux de la même division, puisque cela peut conduire à undéploiement plus prompt. Quelquefois la marche doit s’exécuter à traversun pays où il faut nécessairement, pour la sûreté du mouvement, mettrede l’iníanterie aux colonnes des ailes , 8c alors s’écarter de Tordre habi-tuel. I)'autres fois elle doit conduire à une position dont tout le centresoit une plaine 8c dont les ailes soient un pays couvert ; alors si Ton n’apas à craindre d’être attaqué dans la marche , on s’écarte encore de Tor-dre habituel, on forme les colonnes des ailes d’infanterie 8c les colonnesdu centre de cavalerie. Quelquefois enfin , il e st question d'aller atta-quer T ennemi dans une position connue, 8c où il ne peut pas faire dechangemens imprévus dans fa disposition ; alors Tordre de marche peutêtre combiné à Tavance sor Tordre de bataille qu’on projette ; alors con-séquemment il peut s’écarter de la disposition habituelle : les colonnespeuvent être d'inégale force 8c différemment combinées, suivant qu’onsc propose d’attaquer avec une partie 8c de refuser les autres, de mettrelà ou là telle ou telle espece d’arme , en telle ou telle proportion. Voilà,comme on voit, plusieurs exceptions au principe ordinaire : exceptionsqui, loin de le détruire, fervent à T éclaircir en annonçant les circon-stances où il faut s’en écarter.

Le principe fondamental 8c habituel, je le répete , doit donc être deformer autant de colonnes qu’il y a de divisions , afin, que de cette éga-lité de toutes les parties de Tordre de marche , il puisse en résulter lapossibilité d’exécuter dans le moment un ordre de bataille renforcé oudégarni dans tous les points que les circonstances indiqueront. Je dé-montrerai , en traitant des ordres de bataille , combien est immense l’a-vantage de ne faire ses dispositions qu'à la vue du terrein où Ton doitcombattre , 8c des dispositions de T ennemi. Je démontrerai combien il aété perdu de batailles , ou faute d’avoir eu ce principe , ou , quandmême on l’auroit eu , faute d’une tactique de déploiemens , 8c d’unehabitude de manœuvres qui permissent de Texécuter. Terminons ce quiconcerne les ordres de marche.

11 s’ensoit de la théorie, 8c particulièrement du principe que je viensd’exposer, que les dispositions des ordres de marche doivent être pres-que toujours les mêmes, 8c que.c’est au génie à tirer de ces disposi-tions un ordre de bataille combiné fur la nature des terreins 8c des cir-constances. Voilà ce qui n’est certainement ni dans la théorie de M.de Puisegur , ss dans la routine actuelle de toutes nos armées ; car lesordres de marche y sont toujours combinés fur Tordre de bataille qu’onveut prendre. On forme le projet d’attaquer T ennemi fur tel ou telpoint de fa disposition, on réglé en conséquence Tordre de marche ,

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