du Roi de Prusse. 5
ehoit k ses grandes forces. II voulut faire deson fils un soldat, Sc il y mit tant de rigueur& tant de minutie, que le jeune Frédériccommença par en détester la profession. Lacampagne de Philisbourg , qu’il fit fous leprince Eugène , campagne où ce prince, quiavoit une juste renommée, mais qui étoitalors déchue au-deílòus d’elle, ne lui fit voirni rien d’instructif, ni rien de grand, ne leréconcilia pas avec le métier des armes.
II falloit cependant un aliment à cet espritplein de feu. 11 se jetta avec passion, & toucà la fois, vers les sciences, vers les lettres& vers les arts; Sc comme la passion ne vajamais avec mesure, il outra d’abord tous cesgoûts, dont un prince destiné au trône doitplutôt embellir fa vie, que la remplir. LaFrance, toute rayonnante encore de la splen-deur du beau siécle de Louis XIV, la Francsqui possédoit alors Montesquieu, Voltaire,Fontenelle, Sc où Buffon Sc d’Alembert com-mençoient ù faire parler d’eux, lui parut lapatrie des talens. Bientôt il ne parla, n’écri-vit, ne pensa plus qu’en François; Sc ce nefera pas dans l’avenir le moindre titre degloire de notre langue. II devint épris denotre théâtre, il cultiva notre poésie; enfin,il n'aima, il ^accueillit plus que les Fran-
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