du Roi de Prusse. 9
« domestiques ; mais la postérité doit par-„ donner les sautes des enfans en faveur des„ qualités du père. ”
C’est au milieu des malheurs de fa jeu-nesse que Frédéric commença ses liaisons avecVoltaire , liaisons qui eurent depuis, par leurvivacité, leur inconstance, leurs éclats, leursraccommodemens, tout le caractère d'unepassion; mais le sentiment, les procédés &les ménagemens furent toujours plus du côtédu Prince, que du côté du Poète. Voltairen’étoit pas alors parvenu au comble de cetterenommée où il est monté si justement de-puis; il n’avoit alors composé ni Mahomet,ni la Ilenriade, ni le Sibcle Je Louis XIV,ni son Histoire Je Charles XII. Ainsi le jeuneFreaeric sut prévoir dans ce que Voltaire étoitdejà, ce qu’il deviendroit un jour; & aprèsla gloire du talent, c’est encore un mériteremarquable que celui de le pressentir toutentier, de l’aimer avec passion & de l’ho-norcr avec constance, mëme dans l’hommedont on a le droit de se plaindre.
Ce fut dans le même tems qu’il fit fa ré-futation du Prince de Machiavel. Cet ouvrage,qui eut quelqu’éclat alors, n’aura, dans l’a ve-nir, que celui du nom de son auteur, soitparce qu’ou a depuis pensé avec plus de pro-
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