L L O G E
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tant d’âmes ordinaires, font-ils faits pour uncaractère d’une certaine trempe ? Un spe-ctacle aussi horrible ne devoir-il pas concen-trer fa douleur plutôt que la faire éclater? Etne vaut - il pas mieux, prêtant h un grandhomme une profondeur de pensée que toutefa vie a justifiée depuis, sc représenter Fré~dcric recueilli dans fa consternation, prenantà jamais en horreur le fatal droit que sc fontdonné les rois, & prononçant, à la vue dece sang infortuné, le ferment de n’en jamaisfaire couler fur un échafaud quand il vien-droit ì régner?
Le fils eut fans doute des torts envers lepère; il eut ceux de le choquer, de le bles-ser, de sc laisser aller avec trop d’íinpétuo-lìté à des penchans opposés ou \ des failliesde caractère. Une fois, entàutres, il fitmettre dans le fronton d’un palais qu’il sefaifoit bâtir à Berlin, & cet emblème y sub-siste encore, un aigle fixant le soleil aveccette devise : N te soli cedit: II nt cède pas aitsoleil. Quant à la cruauté du père, imitonsla noble modération de Frédéric dans son hi-stoire du Brandebourg. Après avoir loué,avec une exagération qu’on doit excuser, lamémoire de Frédéric - Guillaume, il ajoute:„ Ce prince eut dans fa maison des troubles