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rera tout son règne. II a la sagesse de ne pasfaire beaucoup de changent sns. Un pays telque le sien n’elt pas comme nos grandesmonarchies qui, depuis longtems, nourris-sent de grands vices, &c font menées avecla négligence des grandes fortunes ; il n’estsusceptible ni de beaucoup de réformes, nide beaucoup d’améliorations. Éclairer lesdétails, surveiller les sous-ordres, resserrer,pour tous, les liens de leurs devoirs & lesobligations de leurs emplois, voilà ce dontil s’occupa: mais il y a du génie, quand onarrive jeune au trône, à ne pas confondreson pays avec un autre, & à ne lui appli-quer ni les exemples souvent trompeurs dece qui se fait ailleurs, ni les rêves dangereuxdes faiseurs de projets, ni les chimères plusséduisantes encore de fa propre imagination.
Trois objets principaux attirent fur-toutInattention de Frédéric: l’économie dans sesfinances, l’augmentation de ses forces mili-taires, & Pinsiruction de son armée; cefont-là les bases de tous ses projets. Sanselles, en effet, il ne feroit que se former desillusions & se préparer des malheurs.
Son père lui a laissé ses revenus libres,& une épargne d’environ 82 millions, maisqu’eíTce qu’uue somme pareille pour mettre
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