du Roi de 1’ ru s se. 2Z
cet égard, c’est ce vuide inconcevable quiles dévore presque tous, c’est -là ce qui lesrend si incertains, si mobiles, si remplis depetits goûts, Lc si promptement blasés furtous les plaisirs ; le tems se venge sur eux duculte qu’ils ne savent pas lui rendre, & sem-ble se plaire à les écraser de son poids.
L’amour de la gloire & l’ambition ont en-fanté quelquefois dans d’autres princes de cesrévolutions subites & marquées. LouisXIV,à la mort de Maçarin, secoua brillammentles chaînes qui avoient prolongé son en-fance; CharlesXII. devint un héros en lisantla vie á’Alexandre: mais dan s Frédéric, cetterévolution appartient plus à la réflexionqu’au sentiment; rien de jeune, rien depassionné, rien de gigantesque ne s’y mêle,c’est un grand parti pris par un grand cara-ctère, & une ambition faine, développéepar le génie.
II n’y a pas six mois que Frédéric est furle trône, &C on diroit déjà que c’est unevieille administration maniée par un roi con-sommé, & dirigée par une longue constancedes mêmes principes. Chacun est mis à íàplace, chacun est circonscrit dans ses limi-tes, chacun a ses instructions, & presquetout ce que Frédéric a prescrit une fois, du-