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se pénètre d’avance de la nécessité d’un autrearc, qui fut aussi celui des anciens, Sc quiparmi les modernes n’a guère été connu quede Gustave- Adolphe, l’art de faire servir sessuccès à l’entretien de son armée, de nourrir,comme disoit Caton dans le sénat de Rome,la guerre par la guerre, Sc on verra combien,dans ce genre, il devint supérieur à sesmaîtres.
Mais pour prévenir ainsi son ennemi,pour frapper avant l’éclair, il faut être tou-jours prêt; il faut avoir, non des troupesdésunies Sc dépourvues de tout ce qui estnécessaire pour la guerre, non les élémensd’une armée, mais une armée toute équipée,toute organisée, toute instruite aux grandesévolutions, toute accoutumée à ses géné-raux, comme ses généraux le font à elle,toute disposée, en un mot, à marcher Sc hcombattre. Voilà ce qu’aucune puisiànce n’a-voit alors en Europe, Sc ce que le roi dePrusse créa chez lui dès la première annéede son règne.
Ce ne sut pas pour lui un travail fans in-vention Sc fans difficulté. Son père lui a voielaissé soixante Sc dix mille hommes de bonnestroupes; mais il s’en falloit bien que ce fûtune armée, Jamais ces troupes.n’avoient servi