du Roi de Prusse. ZZ
Le roi de Prusse ne s’embarrassoit pas del’Empire. II lui importoit peu d qui tombe-roit cette vaine dignité, qui n’ajoute rien hla puissance. Sa politique n’étoit pas de sefortifier seulement par l’affoiblilsement desautres. Il vouloit un accroissement plus réel ;il lui falloit la Silésie pour consolider sonroyaume. C’étoit-là le complètement & lasûreté de la fortune de la Maison de Brande-bourg. En l’obtenant ou en ne l’obtenantpas, il s’agissoit pour lui de régner on detrembler le reste de sa vie. Je laisse aprèscela aux publicistes a peser quels étoient sesdroits. Sans doute, cette morale abstraite &Csublime qui se place dans le ciel, 8í qui laisseà ses pieds & les leçons de l’histoire &C lespassions des hommes, ne doit approuver au-cune de ces raisons de prévoyance politique,de nécessité d’íitaty de convenance locale,de circonstance unique, qui déterminèrentle roi de Prusse. Mais peut-être les chefsdes nations font - ils quelquefois obligés,même fans ambition, de se souvenir quec 1 est sur la terre q u'ils habitent, que leurvue doit s’étendre au-dela du moment, &que par une guerre prudente &c heureuse,qui affligera passagèrement la génération con-temporaine, ils peuvent sauver k la postérité
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