34 Éloge
des torrens de sang & de larmes. Quelshommes, à la vérité, il faudroit que fussentces chefs des nations, pour peser ainsi leprésent & l’avenir, & pour oser, avec uneconfiance qui semble ne pouvoir appartenirqu’à la providence, mettre la main aux de-stinées des peuples! Mais tandis qu’un rotcomme Frédéric, doué de cette heureuseréunion de génie & de sagesse, qui voir lebut, &C qui ne le passe pas, ne combat quepour atteindre le point de puissance qui feraJasûreté & le repos de son pays, & fait en-suite s’arrêter dès qu’il y est parvenu, &Cne plus employer la force qu'h maintenir lapaix; c’est au contraire presque toujours oupour une vaine gloire, ou pour des intérétsmal-entendus, ou en cédant aux intrigues&C aux paillons qui les environnent, queles Souverains prennent les armes &C ensan-glantent la terre. Ainsi, tout en admirantle roi de Prusse, la réflexion rameneroit en-core à désirer qu’une morale sévère & mêmeaveugle, fût la règle Sc le frein de tous lesrois, & qu’ils ne se permissent jamais de lafaire céder même a des lumières qui peuventbien plus souvent encore les égarer, & fairele malheur des hommes,