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de province en province porter le berceaude son fils, & se j et ter dans les bras de sespeuples, auguste & touchant asyle, qui ne *manque jamais aux Souverains malheureux,quand ils n’ont pas aliéné le cœur de leurssujets, parce que les hommes s’intéressenttoujours à la dignité qui implore, & k la .grandeur tombée dans l’insortune.
Sans Frédéric, la fermeté de Marie-Thé- \refe auroit vraisemblablement suffi pour dis- ;íîper forage. On négocioit, on publioit desmanifestes, mais on n’agissoit pas. Le roide Pologne <Sí sélecteur de Bavière étoienttrop foibles pour soutenir leurs prétentions;l’Elpagne étoit trop éloignée ; le cardinal deFleury se sentoit trop vieux pour suffire aumouvement d'une grande guerre, & ne seseroit jamais décidé à l’entreprendre ; le roide Prusse voit que s’il manque l’occasion, s’illaisse Marie-Thérèse s’affermir dans fa suc-cession, tirer parti de sa puissance, releverses forces militaires , la Silésie est à jamaisperdue pour lui ■ il se dit que dans la circon-stance, c’est au plus hardi à donner l'impul-sion, & qu’une fois la lice ouverte, les com-battans s’y présenteront ; il compte sur-toutque la France l’y suivra ; il sait que l’opinionpublique, imbue d’anciens préjugés contre